Le village de Sanou-Sénégal dans le département de Goudomp, situé à la borne 132 marquant la frontière entre le Sénégal et la Guinée-Bissau, autrefois véritable oasis de cultures maraîchères, offre aujourd'hui un spectacle désolant. Une visite sur le site en compagnie de Madame Khady Mané, présidente du groupement féminin exploitant le jardin, met en lumière l'état critique de ce périmètre autrefois prospère.
Les vestiges du grillage gisant à terre, le petit mur délimitant l'espace s'écroulant sous l'effet du temps, les bassins vidés de leur eau, autant d'éléments illustrant la lente agonie du site. Ce jardin, jadis fierté locale, est devenu un terrain vague, ouvert aux animaux errants, un désert au milieu de la forêt. Un seul puits encore fonctionnel dispense à peine assez d'eau pour quelques ménages riverains.
Ce périmètre maraîcher, initialement mis en place par l'organisation Afrique Enjeux avec le soutien financier de l'Ambassade des États-Unis à Dakar, visait à améliorer les conditions de vie des femmes de Sanou-Sénégal, Sanou-Guinée et des villages environnants. Il constituait une source vitale de revenus et de nourriture pour une soixantaine de femmes issues des deux pays, durement affectées par le conflit casamançais. Aujourd'hui, ces femmes sont contraintes d'abandonner leurs activités maraîchères, faute de ressources et d'entretien du site.
Khady Mané se remémore les années fastes du jardin avec nostalgie : "Nous voyions la vie en rose avec ce jardin. Il nous permettait d'améliorer l'alimentation de nos familles grâce à des légumes variés. Nous réalisions des ventes importantes, ce qui nous aidait à financer l'éducation de nos enfants et à accéder aux soins de santé."
Désormais, le désœuvrement guette ces femmes qui se retrouvent sans activité durant la saison sèche. "Nous prions les bonnes volontés, les ONG et surtout l’Etat de nous venir en aide pour réhabiliter ce jardin. Il nous permettait de nous occuper et de générer des revenus après les travaux des rizières. Actuellement, nous perdons un temps précieux sans rien faire", plaide-t-elle.
Les yeux levés vers le ciel, Khady Mané lance un ultime appel : que cet abandon ne soit pas une fatalité, mais un signal d'alarme pour une action urgente des autorités et des partenaires afin de restaurer ce poumon économique transfrontalier.
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